Pollution du Taj Mahal


Le Taj Mahal est magnifique, il semble aussi beau de nos jours qu'autrefois, et ça bien qu'on se doute que la pollution de l'air, tout autour, ne lui est pas favorable. En fait c'est vrai qu'il n'a guère subit d'outrages durant sa longue existence, mais c'est bien depuis l'ère industrielle qu'il est le plus menacé.


La pollution directe

Ce sont les pluies acides qui sont les plus dangereuses pour le monument. En effet, l'émission intempestive d'oxyde sulfurique, dû à la circulation routière, provoque une pluie acide. Cette pluie colore le Taj Mahal en jaune, le ternissant, et, pire, elle l'érode, en s'attaquant à ce qu'il y a de plus fragiles d'abord : les sculptures et les incrustations de pierre.

Les autorités ont, relativement récemment, compris l'enjeu et mis en place des mesures adéquates, du moins dans un premier temps. Depuis 1994, aucune nouvelle usine ne peut s'implanter dans une zone protégée de 10 400 Km2 autour du Taj Mahal. Par contre, et c'est l'inconvénient, il est difficile, pour des raisons économiques évidentes, de déménager les usines existantes, elles ont donc reçu l'obligation de se mettre aux normes anti-pollution spécialement édictées pour cette zone. Mais bien sûr, elles n'en n'ont pas les moyens, et depuis que la Cour Suprême les a défini, rien n'a vraiment été fait à ce sujet, les usines existantes continuent de polluer tout autant.

Par contre la pollution automobile a largement été réduite dans le secteur puisque qu'aucun véhicule à moteur n'est autorisé à circuler dans un rayon de 4Kms. Et ça, c'est respecté, preuve de l'efficacité du gouvernement indien quand il n'est pas empétré dans des problèmes économiques bien compréhensibles.


La pollution indirecte

De plus la Yamuna, la rivière qui passe à côté du monument, passe aussi à Delhi, à 150Kms plus au Nord-Ouest. Or Delhi est une ville lourdement équipée en terme d'industrie polluante, cette pollution se retrouve inévitablement dans la rivière et parvient à Agra très rapidement.

L'augmentation de la pollution de l'eau à eu une conséquence étonnante : Les algues prolifèrent, et avec elles les insectes nuisibles, en particulier une variété locales de moustiques, les chironomidés. Il s'agit d'une variété de diptères. Or, ces moustiques font des déjections vertes, de la couleur des algues dont ils se nourrissent. Le mausolée se retrouve régulièrement bruni par ces déjections qu'il faut aussi nettoyer régulièrement. Heureusement le marbre résiste à ces déjections qui, visiblement, ne sont pas assez corrosives. Par ailleurs les moustiques sont une gêne pour les visiteurs, encore une fois on voit la répercution de l'activité polluante humaine sur le tourisme.


La baisse du niveau de l'eau

Autre source de danger pour le Taj Mahal, le niveau de l'eau de la Yamuna. Ce niveau à très largement baissé depuis l'époque de la construction du monument, et ceci à cause de l'activité humaine puisqu'un ville de 1,7 millions de personnes consomme beaucoup plus d'eau que la population de l'époque, bien plus faible. L'eau a donc été largement ponctionnée et le niveau de la rivière à mathématiquement baissé. le problème est que les pieux qui soutiennent la terasse du mausolée sont en bois et que tant qu'ils sont dans l'eau, ils sont gorgés et tiennent le coup. Mis à l'air libre de plus en plus souvent ils deviennent cassants, risquant d'entraîner des mouvements de terrain sous le monument et donc de mettre en péril la stabilité de l'ensemble des édifices qui s'y trouvent.


Les moyens de lutte

Pour lutter contre le noircissement du mausolée il faut prendre le problème en amont et travailler sur la dépollution d'Agra, au sens général. Des tentatives de mises aux normes anti-pollution sont proposées aux usines de la ville mais se heurtent à des problèmes économiques. Le gouvernement de l'Etat à quand même fait de grands progrès en créant la fameuse zone dans laquelle le trafic routier et consacré aux véhicules électriques, mais ce n'est pas suffisant.

Reste qu'une fois que le mausolée a terni, il faut lui redonner sa blancheur par l'application d'un masque de beauté. Il s'agit de le recouvrir d'une pâte à base d’argile et contenant des produits naturels ou artificiels qui ont la capacité à retirer les taches. Ce moyen est largement utilisé, régulièrement, et c'est ça qui permet de le conserver en bon état, tant que le problème de pollution globale n'est pas réglé. Il coûterait, selon certaines sources, 230 000 $ à chaque fois.



Voir aussi :

. Description du Taj Mahal





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