Les Moghols


Les moghols forment un peuple dont la dynastie a régné sur le Nord de l’Inde entre les XVIe et XVIIIe siècles. Le premier empereur, Bâbur, a des ascendants venant directement des Mongols, et plus particulièrement du fédérateur Gengis Khan (décédé en 1227) et de Timur, le grand seigneur de guerre d’Asie centrale (décédé en 1405). Leurs successeurs, au XVe siècle, produiront des œuvres artistiques et architecturales qui deviendront une norme dans la création artistique en Perse.

On distingue les "grands empereurs moghols" des "empereurs moghols". Les premiers sont les descendants directs du fondateur de la dynastie sur les 6 premières générations, ceux sont eux qui ont marqués de leurs empreintes l'Empire moghols. Sous leurs règnes l'Empire était fort, il avait un contrôle territorial en constante évolution mais relativement important sur ce qui est, de nos jours, l'Inde. Les autres empereurs ne sont qu'une succession de souverains, souvent faibles, qui ne firent que abaisser, de père en fils, la puissance moghole, jusqu'à sa fin en 1857, alors que les britanniques étaient les nouveaux maîtres de l'Inde.

Le drapeau des Moghols


Drapeau moghol

Drapeau moghol


Le drapeau de l'empire moghol est une bannière rectangulaire à franche triangulaire de couleur verte sur lequel se trouve un lion devant un Soleil, les deux motifs étant couleur or. Il est entouré de rouge.


Origine de la dynastie moghole

Le XVIe siècle de la région islamiste, entre la Méditérannée et l'Asie du Sud-Ouest, fut, du XIIe au XVIIIe siècle, ravagé par la succession de sultanats, de royaumes ou d'empires. La moindre partielle de territoires prenait le nom de royaume, aussitôt intégré dans un Empire, lui-même perdant d'autres territoires, suite à des révoltes par exemple. Il n'y eu que peu d'Empires capables de maintenir la paix sur un territoire large, un peu comme ce fut le cas dans l'Empire romain occidental, à l'époque de l'Antiquité.

Dans ce contexte il faut s'intéresser au royaume de Ferghana, actuellement en Ouzbékistan. Ce royaume était dirigé par un homme d'origine turco-mongole marié à une descendante de Gengis Khan. Leurs fils, Zahir ud-din Muhammad, prit la succession de son père mais fut victime de révoltes qui le priva de son royaume. Il engagea des combats contre ses ennemis mais en fut réduit à fuir pendant trois années. An 1526 il put rassembler suffisament de guerriers pour engager une bataille contre Kaboul, puis, à la tête de ce royaume il s'allia avec les Afghans pour monter une armée de 12000 hommes et attaquer Delhi dans le but de récupérer cette ville, et en même temps tout le sultanat de Delhi. Cette conquête s'est réellement passée à Pânipat, et c'est cette victoire qui marqua la prise de Delhi et la fondation d'un nouvel Empire, les Moghols.

L'Empire moghol fut donc créé en 1526 à Pânipat. Pânipat est une ville actuellement dans le Nord de l'Inde, dans l'état de l'Haryana. Elle est, pour son malheur, sur un lieu de passage et marque une frontière naturelle entre deux régions, ce qui en fait une candidate idéale pour être le lieu de bataille visant à agrandir un territoire. C'est ce qui lui est arrivé à plusieurs reprises depuis le XIIe siècle, mais en particulier sous Tamerlan, un guerrier issu de la dynastie mongole et de Gengis Khan lui-même. Tamerlan était un guerrier cruel qui n'hésitait pas à massacrer la population d'une ville dès qu'elle était conquise. Il fonda l'Empire Timouride qui régna au XVe siècle sur des territoires aujourd'hui occupés par la Syrie, l'Irak, l'Iran, l'Afghanistan. Lorsque cette dynastie faiblit son territoire se morcella. Delhi était au centre d'un des morceaux de l'ancien empire Timour, le sultanat de Delhi. L'empereur de Delhi était, en 1526, Ibrahim Lodî, 3e sultan de Delhi.

La bataille de Panipat engagea donc Zahir ud-din Muhammad et Lôdi. Cette bataille fut le point de départ de l'empire moghol.


Les grands empereurs

Naissance de l'empire moghol : Le règne de Bâbur

La naissance de l'empire moghol vient directement de la victoire de Zahir ud-din Muhammad sur le sultan de Delhi Lodî, en 1526. Le vainqueur, une fois la ville de Delhi prise, se fit appeler Bâbur, c'est sous ce nom-là qu'on le connait de nos jours. Bâbur, ça signifie "tigre". Né en 1483 il décèdera après 4 années de règne, en 1530.

Grace à cette victoire il créa un royaume où il importa la religion musulmane, car lui-même avait des ascendants turcs. Il poursuivit ses conquête en récupéra rapidement Agrâ, puis fut confronté à l'armée de Rana Sangha, de Chittorgarh, une ville du Rajasthan. Malgré qu'il est des forces bien plus faible que son opposant, il gagna la bataille et se rendit maître du Rajasthan. En même temps il faut savoir que Bâbur a eut un fils, Humâyûn, qui fut envoyé un peu partout sur le nouveau territoire pour l'agrandir. Le prince prit la vallée du Gange, ce qui accrut considérablement le territoire et permit à son père de fortifier le nouvel Empire. Il choisit Agra comme capitale et centralisa l'administration dans cette ville. Malheureusement il mourut en 1530, à Agra, laissant à son fils un Empire grandissant mais encore fragile.

D'un point de vue religieux Bâbur considérait celle-ci comme peu important, comparé à ce qui se pratiquait dans d'autres royaumes. Bâbur toléra que d'autres religions soient pratiquées sur ces terres et fut en ça un précurseur à la vision large. Ses descendants suivront cette voix d'ouverture qui fut, d'ailleurs, une des raisons de la réussite de cet Empire par rapport aux autres. Il est intéressant de noter que c'est justement quand un des empereurs appliqua une vision rigoriste de l'islam que l'Empire commença à chuter.

Les traditions locales furent également respectées et, bien qu'il ne régna que quatre ans, il introduisit dans le sous-continent indien différentes influences. Par exemple, en architecture, la tradition timouride veut que les terrains soient divisés par des canaux et des bassins d’une grande rigueur symétrique, ce que l'on trouvera dans toutes les constructions de la dynastie. De tels jardins, que l’on nomme ici Charbagh, sont généralement en 4 parties, séparés par 4 canaux en croix. Ils sont une représentation du Paradis sur Terre, comme le veut la tradition musulmane. Toutefois chez les Moghols du XVIe siècle cette dimension spirituelle, si elle est importante, est aussi considérée comme une métaphore visuelle de la capacité des Moghols à gouverner leurs territoires, l’ordonnancement parfaite des jardins devant prouver aux conquis leurs capacités à réguler les problèmes des populations. Selon cet aspect des choses, nul ne peut prétendre diriger s’il ne sait pas diriger son propre jardin.

L'héritage de Bâbur est donc double. D'un côté, il y a un nouvel Empire qui ne demande qu'à s'étendre, et de l'autre une culture nouvelle, issue à la fois des influences islamiques et hindous. Le fils de Bâbur, Humâyûn, le récupère et tente de le faire fructifier.

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La consolidation : le règne d'Humâyûn

Le fils et successeur de Bâbur, Humâyûn, a reçu les rênes du pouvoir alors que l'Empire n'était pas encore parfaitement structuré, il eu donc de grandes difficultés à le stabiliser. La force de son règne est d'y être parvenu, léguant à son fils un Empire sructuré.

Humâyûn est né en 1508. Jeune, il suivait son père dans ses conquêtes, il avait d'ailleurs participé à la bataille de Pânipat, puis à celles qui suivirent, en particulier celles de Kaboul et de Delhi. Il monta sur le trône en 1830. Au moment de son accession il dû faire face à la rebellion de deux chefs de guerre, une révolte de la population et l'hostilité de la noblesse locale. Humâyûn dû monter une armée et se dirigea vers Kalinjar, ville dont il fit le siège et dont il accepta une rançon pour le lever. Mais d'autres rebellions furent déclenchées et il dû partir les mater, ce qui prit du temps car le temps de se déplacer et vaincre une armée, une autre rebellion s'était déclenchée dans le Bihar, à l'Est cette fois-ci. Humâyûn fut prit de cours par le nouveau sultan du Bihar et dût fuir dans le Pendjab, avant de s'exiler pour le Sindh, en Afghanistan. Il revint en 1554 grace au sultan de Perse qui lui octroya une armée, ce qui lui permit de reprendre son Empire, en reprenant successivement Kaboul, Kandahar, Peshawar, Lahore, puis Delhi. L'ensemble de la pacification de l'Empire dura jusqu'en 1555, l'année où toutes les régions étaient soumises et Delhi reprise.

Humâyûn mourut en 1556 d'un accident, laissant le trône à son fils. Son règne fut largement fait de déplacements, conquêtes, pacifications, aussi a t-il peu oeuvré dans les domaines artistiques, religieux ou sociaux. Il faut noter quand même que si la religion "officielle" était l'islam, elle ne régentait que peu la vie quotidienne. La charia n'était pas appliqué, et la majorité des décisions politiques n'étaient pas influencées par l'islam.

De plus Humâyûn apporta l'usage du perse en tant que langue de l'Empire. Précédemment la langue était le tchaghataï, une ancienne langue turque issue de son grand-père.

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L'expansion : Le règne d'Akbar (1542-1605)

C’est le fils d'Humâyûn, Akbar, qui prit sa suite. Ce dernier régna pendant près de 50 ans, de 1556 à 1605, et ce fut lui qui agrandit considérablement l’Empire, lui donna toute sa force. Le territoire moghol s’étendait alors sur tout le Nord de l’Inde, et vers le Sud il atteignait le Deccan. Plutôt que de punir les princes Rajput dont les territoires furent englobés de force au territoire Moghol suite aux conquêtes qu’Akbar, le souverain leur proposa d’entrer dans l’administration du territoire, y compris à des postes militaires. Cette étrange façon de faire pour l’époque assura à l’Empereur qu’ils lui seraient particulièrement fidèles, et il pouvait en plus les surveiller de près. Les nouveaux arrivants étaient souvent mariés à des filles de la noblesse Moghol, ce qui consolidait encore plus, d’une part les populations et les territoires, et d’autre part la cohésion à l’intérieur du territoire. L’empereur fit également uniformiser les impôts, trop disparates à cette époque, et imposa une monnaie.

D’un point de vue sociétal l’ère d’Akbar a été marquée par une grande tolérance envers des différentes communautés religieuses de l’Inde. Il faut dire que le territoire allant en s’agrandissant il était important pour les Moghols de souder les peuples qui y vivaient, et rien de tel qu’une grande tolérance religieuse pour se faire apprécier. Akbar ajouta à son prestige en étant le précurseur des bâtisseurs de l’Empire. C’est lui qui initia un certain nombre de projets architecturaux destinés pour assoir son autorité par l’édification de grands bâtiments. L’un des premiers fut le tombeau de son père Humâyûn qui servit de modèle pour le futur Taj Mahal.

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Jahângîr le réformateur (1569-1627)

À la mort d'Akbar en 1605, son fils Jahângîr monta sur le trône, il resta au pouvoir jusqu'à sa mort en 1627. L'empire dont il a hérité était fort, stable et riche, et Jahângîr fit quelques importants changements politiques dans les habitudes établies par Akbar. Jahângîr a également continué à construire, mais il est plus connu pour sa passion pour les livres et manuscrits peints ou pour ses observations minutieuses de la nature que pour sa volonté de construire des bâtiments. Les campagnes militaires ne sont pas menées par l'empereur, mais plutôt par son fils Khurram qu’il juge particulièrement compétent pour ça. Khurram, c’est le nom de jeunesse du futur Shah Jahan. Le prince Khurram était l’héritier favori, mais le fait qu’il se soit imposé sur le trône ne fut pas une évidence. Jusqu'au début des années 1620 la femme de Jahângîr, Nur Jahan, promu un frère de Khurram en tant que successeur, or, celle-ci avait une forte influence sur l’empereur. C’est donc son frère qui était destiné à prendre la succession de son père, mais c’était sans compter les capacités militaires de Khurram qui le poussèrent à créer une cour autour de lui, prenant peu à peu tous les attributs d’un prince héritier. Ainsi lorsque Jahângîr mourut Khurram se déclara empereur en se basant sur un titre de noblesse que son père lui avait offert en récompense d’une campagne militaire réussie : Shah Jahan, ce qui signifie « Roi du monde ».

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Shah Jahan, le constructeur du Taj Mahal (1592-1666)

Shah Jahan a régné pendant 30 ans. Durant tout ce temps il mit en avant son hérédité qu’il considérait comme semi-divine, c’est la raison pour laquelle il décida de bâtir des monuments imposants pour affirmer son pouvoir. Shah Jahan a tenté de donner une image de lui qui soit conforme à celle de Salomon, un roi ottoman ayant vécu un siècle auparavant et qu’il estimait être un roi juste. Vouloir copier l’attitude de Salomon était sans nul doute une preuve d’égocentrisme mais de nombreuses sources historiques attestent que Shah Jahan avait un côté humain bien loin de cet égocentrisme qu’il pouvait laisser entrevoir par ces actes.

Shah Jahan s’est marié en 1612 à Arjumand Banu Begum, une princesse perse qui portera plus tard le titre de Mumtaz Mahal. Ce mariage eut lieu après une campagne militaire qui dura cinq ans. A partir de cette année cette épouse, la troisième, fut sa compagne quotidienne. Elle ira même jusqu’à le suivre lors de ses déplacements et ce jusqu’en 1631, année de sa mort. Les femmes ont longtemps eu un rôle majeur dans la politique de l’empire Moghol. Par exemple, Akbar a souvent cherché conseil auprès de sa mère, qui était un peu la représentante d’un Conseil de sages féminins qui avait le pouvoir, par l’empereur, de faire ou défaire les relations entre les couples. La femme de Jahângîr, Nûr Jahân, est une exception notable dans la mesure où elle faisait office de gérante pour le compte de son époux, dont la santé allait en déclinant, ceci dû à son âge.

Pendant tout le cours de sa vie Mumtaz Mahal a donné naissance à 14 enfants, dont seulement la moitié a survécu. Elle mourut peu de temps après la naissance de son dernier enfant, trop faible. L'empereur marqua le coup, il n’eut aucun contact avec l’extérieur pendant deux semaines et fut en deuil pendant deux années. La reine a été enterrée temporairement au jardin Burhanpur, la ville du Deccan où elle était morte. Six mois plus tard, son corps a été transféré à Agra en attendant d’avoir son mausolée le fameux Taj Mahal.

Shah Jahan survécu à sa femme jusqu’en 1666, mais les huit dernières années de son règne furent marqués par son emprisonnement, ordonné par son fils, en 1658. Ce fils, Aurangzeb, fit saisir son père et l’enferma au fort d'Agra, dont la vue donne sur le Taj Mahal. A sa mort il le fit enterrer auprès de sa compagne sans grande cérémonie.

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Islamisation de l'Empire : Le règne d'Aurangzeb (1618-1707)

Fils de Shah Jahan qu'il fit emprisonné à la fin de sa vie, Aurangzeb prit des décisions à l'opposé de ses prédécesseurs. Dès sa première année de règne il mit en avant sa foi et ordonna que l'islam soit l'unique religion de l'Empire. Le problème majeur était non seulement que son peuple était de religions diverses mais aussi qu'il avait l'habitude d'avoir une grande liberté de pratique. L'imposition de l'islam fut très mal perçu, d'autant plus que qu'il fit détruire les temples hindous. Evidemment, son règne fut marqué par de nombreuses révoltes qu'il mata les unes après les autres. Mais Aurangzeb fut aussi un guerrier conquérant, il agrandit encore son territoire, mais la guerre perpétuelle finit par rendre son Empire fragile. Il mourut en 1707, laissant le pouvoir à son fils.

Le règne de Aurangzeb fut aussi marqué par une perte de repères. L'import de l'islam dans toutes les couches de la société rendit fragile le nouvel équilibre. D'un point de vue artistique les musiciens furent bannis, de même que les danseurs et toutes les personnes ayant trait à l'art de la distraction, le souverain pensant que c'était contraire à l'islam. Il remit au goût du jour le djizia, un impôt que devait payer les hommes non-musulmans du royaume. Cet impôt avait été aboli par tous ses prédécesseurs, à commencer par Bâbur lui-même. Preuve du déclin de l'Empire, il fit construire un mausolée équivalent au Taj Mahal pour sa femme, mais ce monument est clairement un échec, quand on les compare, l'un ayant une qualité d'exécution bien supérieure à l'autre. Les plans eux-mêmes sont totalement différents, celui d'Aurangzeb étant mal établi.

L'Empire moghol commence alors son déclin, les empereurs suivants étant de plus en plus faibles.

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La lente chute de l'Empire

Ceux que l'on appelle "Les empereurs Moghols" sont la succession dynastique des différents souverains ayant suivis les six premiers. La différence avec eux, c'est que les premiers empereurs contruisirent l'Empire, les suivants ne firent que perdre, de plus en plus, d'autorité et de puissance sur les territoires qu'ils dominaient. Avec eux passent l'âge d'or de la culture moghole, qui finira par s'éteindre au XIXe siècle.


Bahâdur Shâh (1643-1712)

Bahâdur Shâh est le premier des empereurs qui ne soit considéré comme "grands". D'un caractère faible, doux, il n'a pas su conserver la totalité de son Empire. Le principal fautif n'était toutefois pas le souverain lui-même mais plutôt son prédécesseur, son père, qui avait provoqué de nombreuses révoltes dans tout l'Empire en interdisant la pratique d'autres religions que l'islam. C'étaient les Sikhs qui furent les pllus à la pointe de la révolte. Leur leader, Guru Gobind Singh, fut rapidement tué mais tout aussi rapidement remplacé par un autre Sikhs, Banda Bahadur, qui parvint, lui, à faire sécession. C'est ainsi que l'Empire moghols perdit le Pendjab, une région du Nord de l'Inde.

A sa mort, après 5 années de règne (en 1712), ses enfants entrèrent en guerre pour sa succession, comme d'ailleurs ce fut le cas pour Bahâdur Shâh lui-même. Il fut enterré à Delhi.


Jahandar Shâh (1661-1713)

A la mort de Bahâdur Shâh commença une nouvelle guerre de succession entre ses 4 fils. Après plusieurs mois de conflits Jahander Shâh accéda au trône moghol, avec l'aide de Zulfiqar Khan, une personnalité influente de la cour. Ce dernier prit l'ascendant sur le souverain et se mit a diriger de façon effective l'Empire avec la complicité de l'impératrice, Lal Kanwar. A eux deux ils ravagèrent le trésor et conduisirent l'Empire vers sa chute, prenant des décisions contestables. Pendant ce temps Jahandar Shâh prenait de la distance avec le pouvoir, incapable qu'il était de tenir son rôle.

De ce fait la guerre civile éclata encore une fois, menée par un neveu de l'empereur, Muhammad Farrukhsiâr. Celui-ci levé une armée et attaqua les troupes de Jahandar Shâh, la bataille s'est déroulée le 6 janvier 1713 à Samugarh. Il gagna et l'empereur fut obligé de fuir avec son épouse. Il sera trahi par Zulfiqar Khan, qui gagna ainsi la confiance du nouvel empereur. Jahandar Shâh fut jeté en prison, il y mourut assassiné le 11 février 1713.


Farrukhsiyâr (1785-1719)

Farrukhsiâr était le neveu de Jahangar Shâh, petit-fils de Bahâdur Shâh. Il prit le pouvoir en 1713 et dirigea l'empire moghol jusqu'à sa mort, en 1719. Il fut assassiné par les frères Sayyid, qui pourtant lui était proches. Les frères placèrent sur le trône leur cousin Rafî ud-Darajat. Commença alors une grande période de troubles durant laquelle l'Empire fut laissé à l'abandon par des monarques plus désireux d'assoir leurs légitimité de que renforcer leurs territoires.


Rafî ud-Darajat (1719)

Rafî ud-Darajat prit le pouvoir sur l'empire moghol que durant l'année 1719. Il fut remplacé par Rafî ud-Daulat, son frère, durant la guerre de succession qui fit rage cette année-là.


Rafî ud-Daulat (1719)

Tout comme son prédécesseur et frère, Rafî ud-Daulat ne resta même pas une année sur le trône, il fut remplacé par Nekusiyâr durant cette guerre fratricide.


Nekusiyâr (1719)

Nekusiyâr ne resta sur le trône moghol que peu de temps, il a été remplacé par Muhammad Ibrâhâm, toujours en 1719, également son frère.


Muhammad Ibrâhâm (1703-1746)

Autre fils de Jahandar Shâh, il participa à la guerre de succession engendré entre frère. Il prit le pouvoir en 1719 et conserva le pouvoir une année, battu par Muhammad Shâh en 1720.


Muhammad Shâh (1702-1748)

Muhammad Shâh acquit le titre d'empereur par la force, suite à sa victoire sur Muhammad Ibrâhâm, en 1720. Il récupéra une Empire en lambeaux, fait de régions qui avaient pris leurs autonomies de fait face à l'inaction de ses prédécesseurs. En fut victime de l'attaque de l'empereur perse Nader Shah en février 1719, qui entra sans grande difficulté en Inde. De grandes révoltes eurent lieu mais Nader Shah les réprima en tuant 30 000 personnes. Muhammad Shâh dû céder son trésor, y compris le fameux Trône du Paon, aux perses pour qu'ils quittent les territoires moghols.

Muhammad Shâh poursuivit la gestion de son Empire avec peu de force jusqu'à sa mort en 1748. C'est son fils qui lui succéda, fils qu'il eu de Bagum Qudsia.


Ahmad Shâh Bahâdur (1725-1775)

Fils de l'Empereur, Ahmad Shah Bahadur monte sur le trône en 1748. Peu enclin à diriger un vaste empire, couvé par une mère omniprésente, il avait d'autant plus de difficulté à assurer son rôle qu'il n'avait reçu aucune éducation à ce sujet. Il régna sans envergure jusqu'en 1756 avant d'être destitué, aveuglé et emprisonné. Il mourut en 1775, alors que le pouvoir avait été transféré à son frère.


Azîz ud-Din Âlamgir (1699-1759)

Frère du souverain précédent, Azîz ud-Din Âlamgir devient empereur moghol suite à sa destitution. Il est soutenu par des personnes plus influentes que lui. Il faut dire qu'il avait passé la plupart de son temps en prison, afin d'être sûr qu'il soit écarté du trône. Il prends les rènes de l'Empire à l'âge de 55 ans, sans aucune expérience, ce qui fait qu'en pratique c'est son Wazir, Ghazi-ud-Din Imad-ul-Mulk, qui dirige le territoire.

Son règne est caractérisé par l'attaque d'Ahmad Shah Abdali en 1756, qui envahit Delhi et donna plus de pouvoir au Marathes, un peuple autrefois soumis aux Moghols, dans le Nord de l'Empire. Âlamgir est assassiné en 1759, son fils prenant sa succession.


Shah Jahan II (1728-1772)

Shah Jahan II prit le pouvoir en 1759 à la mort de son père. Son règne, très court, est surtout connu pour la bataille de Delhi perdue face aux Marathes. Il est rapidement destitué.


Shâh Âlam II (1728-1806)

D'une grande longévité, le règne de Shâh Âlam II est celui de la chute inexorable de l'empire Moghol. Influencé par les Marathes du Nord de l'Inde, il subit une défaite importante à la bataille de Buxar en 1764, bataille scellant le sort du Bengale, qui fut définitivement perdu pour l'Empire. En 1788 il fut destitué par un vassal, Ghulam Qadir, mais il put reprendre rapidement son trône. En 1803 les Anglais, établis comme la plupart des peuples européens dans des comptoirs indiens, livrèrent une bataille à Delhi. La ville fut conquise par les Anglais, et Shah Âlam II ne fut plus alors qu'un souverain fantoche aux mains des européens. C'est sous son règne que l'armée moghole est démantelée.

Il mourut en 1806, son fils lui succéda.


Muhammad Akbar Shâh (1760-1837)

Muhammad Akbar Shâh reçu le trône moghol en 1806, à la mort de son père. Il n'eu absolument aucune influence sur son Empire, celui-ci étant de fait aux mains des Anglais. Il tenta tout de même de renforcer son pouvoir en envoyant Râm Mohan Roy en Angleterre en tant qu'ambassadeur mais celui-ci ne parvint pas à obtenir quelque influence que se soit.

Muhammad Akbar Shâh fut un monarque de principe, il n'eut qu'un titre mais ne représente en rien l'Empire moghol, qui arrive sur sa fn définitive.


Muhammad Bahâdur Shâh (1837-1857)

Fils du précédent empereur, il n'a, comme ses prédécesseurs, que le titre d'Empereur moghol. Il est sous la coupe de l'Empire britannique dont il dépend complètement. Arrivé au pouvoir en 1837 à l'âge de 62 ans, il sera porté contre son gré à la tête de l'insurrection des Cipayes en 1857, insurrection qui avorte. Il est alors arrêté par les anglais, ses enfants son assassinés et lui-même est exilé en Birmanie, à Rangoon, où il décèdera.

Muhammad Bahâdur Shâh fut le dernier des empereurs moghols, un empire qui couvrit une grande partie de l'Inde pendant près de 300 ans.


L'art moghol

La dynastie moghole, qui a régné sur le Nord de l'Inde avant de conquérir un territoire allant de l'Afghanistan au Bengladesh et de la chaine de l'Himalaya au sud du Deccan, fut les gouverneurs d'un empire fort, disposant de nombreuses composantes dans ses populations. Une telle diversité s'est retrouvé dans l'art qui est caractérisé, chez eux, par une double influence islamique et hindou.

L'héritage de l'art moghol est représenté essentiellement par l'architecture monumentale, la peinture et tout particulièrement l'art de la miniature, la décoration, la calligraphie et la bijouterie, mais aussi par le textile, et particulièrement les tapis de sol. Il faut savoir avant tout que l'art moghol n'est pas issu d'une seule personne, voir d'un groupe de personnes, il s'agit d'un courant plus général qui a été orienté en fonction des souverains dans une direction ou une autre. Ce sont eux, généralement, qui protégèrent les artistes et financèrent leurs travaux.

Les caractéristiques de l'art moghol sont la précision de la géométrie, la variété des oeuvres et l'harmonie générale qui y règne. Sur le Taj Mahal cette harmonie est particulièrement réussie puisqu'il possède sur ces façades, mais aussi sur les murs intérieurs des représentations de la flore ou de la faune, parfois réelle, parfois imagée. si les empereurs faisaient ce choix dans les représentations qu'ils commandaient, c'était essentiellement parce qu'ils étaient relativement proche de la nature, mais surtout que l'image du Paradis, dans l'imaginaire islamique, est un jardin, jardin que l'on retrouve dans toutes les constructions funéraires, comme c'est le cas au Taj Mahal. L'Empire moghol est à ce sujet une anomalie parmi les civilisations comparables car peu d'entre elles ont mis en avant la nature comme éléments décoratifs. La plupart du temps ces grandes civilisations représentaient, sur les éléments décoratifs, des scènes de la vie quotidienne, celles imagées des Dieux, ou des représentations marquant les esprits de l'au-dela. Mais la nature, de laquelle sont née toutes ces civilisations, ne fut que peu représentées dans l'art mondial, probablement parce que l'homme, en se démarquant de la nature, marque sa supériorité sur elle et n'a donc pas besoin de s'en approcher. Pour citer des exemples, les civilisations d'Amérique centrale comme les Mayas faisaient plutôt la part belle à la géométrie, alors qu'elles étaient - par force - très proche de la nature. Les Chinois faisaient plutôt des représentations anthropométriques, tout comme les Péruviens. En Europe, il s'agissait de représentation de l'Enfer et du Paradis, qui mettait en scène des personnages réels. Chez les romains de l'Antiquité, les représentations décoratives étaient liées au quotidien des habitants, un peu comme les grecs. (C’est d'ailleurs un trait commun des civilisations antiques)

Chez les Moghols, l'art est donc assez lié à la nature. Pas étonnant donc que l'on retrouve des motifs floraux et animaliers sur le Taj Mahal, construit entre 1637 et 1654, en plein âge d'or de cette civilisation. Ces motifs sont essentiellement sur les murs du bâtiment, sur des panneaux de marbre blanc entourés de frises aux motifs géométriques. Parfois il s'agit de panneaux en grés rouge, mais quoi qu'il en soit les artistes de l'époque utilisèrent 3 techniques différentes pour travailler : Les pietra dura, le relief en pierre et la dentelle de marbre. Le résultat de ces décorations est accompagné de calligraphies issues du Coran. Les couleurs que l'on voit sur le travail artistique viennent de l'utilisation de pierres préciseuses et semi-préciseuses comme l'agathe, l'améthyste, le cristal, le jade, le lapis-lazuli, le topaze, le turquoise, le saphir, etc. qui sont incorporés au marbre.


Les biographies

Pour mieux appréhender l'histoire des Moghols il faut pouvoir disposer d'une biographie de chacun des 6 premiers empereurs, ce sont eux qui ont conquis l'Empire et rayonnés sur tout le Sud de l'Asie pendant deux siècles. Ces biographies sont disponibles ici, avec en plus celle de Mumtaz Mahal, l'épouse morte en couche pour qui le monument fut construit.


Bâbur
Humayun
Akbar
Jahangir
Shah Jahan
Aurangzeb

Voir aussi :

. Découvrir le Taj Mahal.

. Histoire du Taj Mahal.







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