Légendes du Taj Mahal


Monument emblématique de l'Inde, mausolée d'une beauté sidérante, construction défiant les lois de la nature, le Taj Mahal est tellement connu qu'il fait l'objet de plusieurs légendes qui sont apparues au fil des années. Il faut dire qu'en quatre siècles il n'est pas étonnant que la population locale, tout comme les visiteurs du site, ait inventé des histoires qui furent transportées, amélioriées, modifiées tout au long de l'histoire. Elles nous sont parvenues en l'état et Internet, fantastique moyen de diffusion, permet de diffuser encore plus rapidement ces légendes qui paraissent désormais de plus en plus vrais. Mais il ne s'agit bel et bien que de légendes.

De plus c'est bien connu, les légendes sont basées sur des histoires vrais. (Mais pas que.)


La légende du Taj Mahal noir

Le mausolée du Taj Mahal est un monument à la blancheur éclatante. Quoi de plus tentant que d'imaginer un 2e Taj Mahal, noir celui-ci, qui viendrait contrebalancer le symbole d'amour que constitue le monument ? Ce Taj Mahal aurait été construit de l'autre côté de la rivière Yamuna, il aurait la même forme, la même disposition que celui que l'on connait et un pont aurait relié les deux monuments.

La légende du Taj Mahal noir est très connue, c'est probablement la plus vivace de toute. Il faut dire qu'elle se base sur un fait facilement opposable. Le Taj Mahal ayant été construit en tant que tombeau de l'épouse de l'empereur, on peut imaginer que l'empereur lui-même avait prévu sa dernière demeure, et le choix du noir aurait naturellement pu être fait pour se distinguer de son épouse : A elle le blanc de la pureté, à lui le noir sombre du deuil. A elle le symbole d'amour éternel, à lui le symbole de la douleur.

Une fois ceci dit, on peut se rapprocher des historiens qui apportent, eux, les faits tels qu'ils sont. En fait le Taj Mahal noir n'a jamais existé, et ça pour deux raisons. D'une part les finances de l'empire n'auraient pas supportés une telle dépense, le premier monument ayant fait fondre le trésor. D'autre part la rive Nord de la Yamuna était occupé par un jardin sur lequel les fouilles archéologiques ont mis en avant des constructions modestes n'ayant rien à voir avec la présence historique d'un Taj noir. Le Mehtab Bagh, du nom de ce jardin, est dans la parfaite perspective du Taj Mahal et c'est un élément qui accentua cette légende, la symétrie était trop parfaite pour ne pas croire en la présence d'un 2e Taj Mahal ici. Mais non, les historiens sont formels, et n'importe qui se rendant sur place de nos jours peuvent l'attester : Il n'y a jamais eu de Taj Mahal noir en Inde, ni nul part ailleurs d'ailleurs.

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Les mains coupées

Une autre légende est tenace, quand on parle du Taj Mahal. Il faut avant tout savoir que le chantier de la construction du monument occupa 20 000 ouvriers, contremaîtres, entrepreneurs, artisans, etc. pendant 22 ans. Une fois terminé, on raconte que l'empereur fit couper les mains de tous les participants à ce chantier. L'idée, c'était de s'assurer qu'aucune autre personne ne puisse reproduire une splendeur équivalente à ce mausolée. Sans leurs mains, les artisans ne pourraient pas travailler sur une autres oeuvres aussi monumentales, au risque d'égaler voir de dépasser la beauté du tombeau de son épouse.

Bien sûr c'est une pure légende qui n'a clairement jamais existé. Nous aurions entendu parler de ce massacre, génération après génération, et l'empereur n'aurait pas survécu à un tel acte de cruauté. Sans compter que les artisans n'étaient pas tous de la région d'Agra, loin s'en faut (en fait, il y en avait très peu, et ce n'était quasiment que pour des travaux sans valeur ajouté, des simples manoeuvres) Les vrais artisans, ceux qui donnaient la beauté au Taj Mahal, étaient de régions diverses, parfois très lointaines, et il n'aurait pas été concevable de tous les retrouver pour leurs couper la main. Certains, ceux qui ont fait la Pietra dura, venaient de Florence, en Italie !


La détectrice de poison

Autre légende qui tourne autour du Taj Mahal, celle de la vaisselle dotée de la capacité à détecter les aliments empoisonnés. C'est une vaisselle exclusivement destinée à la famille impériale bien sûr, et qui était en usage au temps des grands moghols.

Cette vaisselle étaient des bols, des plats, et divers autres éléments en celadon qui avaient, si l'on en croit la légende, la capacité à changer de couleur au contact d'aliments empoisonnés. C'est une légende assez peu connu et qui n'est pas directement en relation avec le Taj Mahal, quoi qu'elle concerne les empereurs moghols. Et pui, elle concerne quand même un peu ce monument dans la mesure où ces plats sont effectivement visibles de nos jours, ils existent vraiment : Ils sont dans le musée du Taj Mahal, qui est dans l'enceinte, au bout du canal se dirigeant vers l'Ouest. Ce musée présente une galerie consacrée à l'art calligraphique et aux objets de jade et de porcelaine quotidiens.

A notre époque rationnelle il est quand même plus difficile de croire en la véracité de cette légende qu'en celle du Taj noir, par exemple.

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Le mausolée en marbre

Ceci tient plus de l'architecture que de la légende, mais on peut mettre ce fait dans cette partie tellement il est connu que le mausolée du Taj Mahal, le bâtiment le plus connu d'Inde, est en marbre.

En fait c'est faux, complètement faux : Il est en brique, tout à fait ordinairement !

C'est une légende que de dire qu'il est en marbre. Il en est juste recouvert par des grandes plaques, souvent sculptée, mais ce ne sont que des couvertures sur une structure tout à fait ordinaire de briques. Le fait que le mausolée est en marbre massif est une légende.

. En savoir plus sur la construction du Taj Mahal.



Voir aussi :

. Visiter le Taj Mahal

. Contexte historique du Taj Mahal





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