Jahângîr


Jahângîr

Jahângîr

Biographie

Jahângîr fut le quatrième empereur de la dynastie moghol qui régna sur l'Inde du XVIe au XIXe siècle. Son règne est caractérisé par une consolidation de l'Empire, il forme une transition entre les conquêtes de ses prédécesseurs et l'apogée de l'Empire représentée par ses successeurs.

Nommé initalement "Salîm Nûr ud-Din Muhammad", son nom d'empereur "Jahangir" signifie "Maître du Monde". Il est né le 9 septembre 1569 à Fatehpur-Sikrî, une ville créée de toute pièce par son père pour servir de capitale, ville qui fut créé suite à sa victoire sur le Goujerat et qui fut abandonné 10 ans plus tard suite à un manque d'eau. Son père, Akbar, fut l'empereur qui établit les bases administratives de l'Empire. sa mère, Miriâm Zamânî, était une hindoue, preuve de l'ouverture d'esprit de son père qui choisit son épouse préférée parmi une des nombreuses minorités de son territoire, de confession religieuse différente en plus (Les moghols sont musulmans).


Le prince Salim

Jeune prince, Salim n'était pas différent de ses prédécesseurs (ni de ses successeurs, d'ailleurs) : Il voulait prendre le pouvoir sur l'Empire alors que son père y était encore. L'histoire nous apprend que c'était une chose courante, chaque prince ayant tenté, plus ou moins agressivement, de renverser son père. Lui fut particulièrement actif. A l'âge de 22 ans, en 1591, il partit pour Allabahad et se révolta contre son père, lançant ses troupes contre lui. Stoppé dans sa démarche, il recommencera dix ans plus tard, en 1601, toujours sans succès. En 1602 il se proclama roi et fit frapper une monnaie à son effigie, un des symboles de l'indépendance d'un royaume. Il fit aussi assassiner le secrétaire d'Akbar par un proche qu'il récompensera lorsqu'il sera arrivé sur le trône.

Pour l'ensemble de ces faits son père Akbar le fit arrêter, mais père et fils se rapprochèrent grace à l'entremise de la veuve du régent, un homme qui avait dirigé l'Empire du temps de la jeunesse d'Akbar. En 1605 Akbar meurt, laissant le trône à son fils.


Le règne de Jahângîr

La vie politique de Jahângîr est intimement liée à sa vie personnelle. En effet, sa femme, Nûr Jahân (connu initialement sous le nom de Mihr un-Nisâ) était la femme d'un de ses officiers afghans qui avait été envoyé au Bengale en tant que dirigeant local. Mais celui-ci se révolte et perd la vie en combattant contre l'Empereur. Mihr un-Nisâ est alors envoyé au harem de Jahângîr. Ce dernier tombe follement amoureux et ils se marient en deux mois, devenant l'épouse préférée et prenant en tant que tel le nom de Nûr Jahân. Or, cette dernière avait une fille (Ladlî), un frère (Âsaf Khân), et un père encore jeune. Tous vont avoir une vie en relation avec les plus hautes charges de l'Empire grace à elle. Il faut dire que peu à peu Jahângîr sombra dans l'alcool et l'opium, délaissant les charges politiques qui lui incombaient.

Le père de l'Impératrice fut nommé à un poste-clé du gouvernement, l'équivalent d'un premier ministre des nations européennes actuelles. Le frère, Abûl Hasan Âsaf Khân, prends de plus en plus de pouvoir et devient un personnage très influent dans l'entourage de l'Empereur. Quand à la fille, Mumtaz Mahal, elle épousera quelques temps plus tard le prince Khurram, fils de l'Empereur et prochain souverain des Moghols. Il est connu sous le nom de Shah Jahan et c'est pour elle qu'il fera construire le Taj Mahal.

Jahangir est resté dans l'histoire comme un homme de conquêtes. Il ouvre plusieurs fronts, dont celui du Mewar, une province au Sud de l'Empire dont le souverain, Amar Singh, finit par se rendre en 1613 face au prince Khurram. Dans le Nord il y a deux autres fronts, un concernant la lutte contre le râja de Kângrâ, l'autre contre les âhoms, qui pose plus de problèmes aux Moghols que les autres peuples. Le Deccan fait aussi l'objet d'une conquête. Le Deccan, c'est la zone centrale de l'Inde, plutôt au Sud. Il s'agit d'un vaste plateau dont les peuples se soumettent à Jahangir en 1615.

Carte de l'Empire moghol

Carte de l'Empire moghol

Par ailleurs les peuples locaux n'étaient pas les seuls qui pouvaient poser des problèmes au souverain. En effet, les Européens avaient la capacité de se déplacer sur toute la planète et souhaitaient installer des comptoirs commerciaux sur l'Inde, porte d'entrée de l'Asie. Les Portugais, arrivés les premiers, se heurtèrent aux Moghols, les combats firent rage en 1613. Peu après les Anglais se rendirent plus oppressant, souhaitant obtenir des accords de commerces permanents. C'est d'ailleurs à cette époque qu'un grand du royaume d'Angleterre fut envoyé à la cours Moghol pour établir ces liens.

Parvenu à cette situation, l'Empire est à son apogée territoriale, possédant un territoire allant de l'Afghanistant au Bengale et de la chaine de l'Himalaya au Sud de l'Inde. Mais c'est à ce moment que survint deux évenèmenets. D'abord, une épidémie de peste se déclencha et ravagea une partie de la population du Nord de l'Inde. Pour éviter d'être touché Jahangir partit à Fatehpur-Sikrî, la ville construite par son père pour accueillir sa nouvelle capitale, mais abandonnée peu après à cause du manque d'eau. Le deuxième évènement est plus tragique : Jahangir montre des signes de faiblesse. Redoutant sa mort et donc son éviction du pouvoir l'impératrice Nûr Jahân intrigue pour assurer un héritier qui lui soit favorable. Elle marie sa fille à Shâhryâr, un des fils de Jahangir, qu'il a eut avec une concubine, espérant avoir un fils qui puisse s'imposer face à Khurram, devenu tout puissant et successeur désigné. Ces intrigues affaiblissent l'Empire et c'est ce moment que choisissent les Perses pour s'emparer de Kandahâr. Devant cette attaque Nûr Jahân exige de Khurram qu'il se rende sur place pour reprendre la ville mais celui-ci refuse, officialisant de fait sa rupture avec elle. Avec ses propres troupes il attaque les forces de son père, dirigée par Nûr Jahân, mais il perd et se voit obligé de revenir à la cour moghole sous les conditions de l'impératrice, de sa fille et de son gendre.

Tombe de Jahângîr

Tombe de Jahângîr

Jahangir tombe à nouveau malade. Khurram, voyant la fin de son père proche, se rebelle à nouveau. Jahangir, se sentant menacé, s'enfuit dans le Cachemire. Il meurt sur la route, à Lahore, où il est enterré.


La guerre de succession

Lorsque Jahangir meurt il laisse une situation plutôt instable. Immédiatement sa mort annoncée Shâhryâr se proclame empereur, porté par Nûr Jahân qui voyait là son intérêt. Mais Shâhryâr était à Lahore avec l'empereur, et le temps qu'il rentre à Agra le frère de Nûr Jahân, Âsaf Khân, assura l'intérim de Khurram en plaçant sur le trône un neveu à lui, Bulâki.

Ce qui devait arriver arriva rapidement : Les troupes de Khurram et celle de Shâhryâr s'affrontèrent, le vainqueur récupérant l'Empire. Ce fut Khurram qui gagna la bataille, il s'installa donc rapidement sur le trône mohol sous le nom de Shah Jahan.


Les arts sous Jahangir

Bien qu'unanimement considéré comme quelqu'un de cruel, Jahangir était un amoureux des arts. Il était amateur de peinture, de musique et d'architecture, principalement. L'art de la miniature était très poussée pour une civilisation de cette époque, même comparée aux miniatures de l'Europe occidentale. Dès les débuts de son règne, Jahangir protégea les artistes et établit dans sa capitale un atelier qui accueillait les artistes qui avait sa préférence.

Le style des peintures n'était pas figé, les artistes représentant aussi bien un paysage complexe qu'une scène intimiste ou qu'une allégorie. Il y avait aussi pas mal de travail sur l'art floral ou animalier.




Voir aussi :

. Description du Taj Mahal

. Toutes les biographies





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