Akbar


Akbar

Akbar

Biographie

Akbar est le troisième empereur de la dynastie moghol. Il est le fils d'Humâyûn et le grand-père de Shah Jahan, le futur constructeur du Taj Mahal. Il est le premier des empereurs moghols qui peut réellement administrer son empire, ses deux prédécesseurs ne faisant que conquérir du territoire ou cherchant à rétablir l'ordre après des rébellions.

Il est né le 14 octobre 1542 à Umarkot, une ville de la province du Sindh, actuellement au Pakistan. Son père Humâyûn avait dû fuir son empire, défait par Sher Shâh Sûrî, un roi afghan ayant créé un royaume sur le territoire même des Moghols pendant un moment de faiblesse de l'empire. Il passa son enfance en exil avec son père et 4 précepteurs qui ne parvinrent pas à lui enseigner la lecture et l'écriture, bien qu'il ai d'évidentes capacités intellectuelles. Parti en Perse chercher l'aide du Shah Tahmasp 1er avec son père, ce dernier reconquit son territoire, bataille après bataille. Quand l'Empire fut reconstitué Humâyûn ne régna qu'une année, mourant en 1556. Akbar avait alors 13 ans, un régent fut donc nommé, Bairam Khân, et en même temps le jeune Akbar fut couronné roi. La cérémonie s'est déroulée à Kalanaur, au Punjab.

Quatre ans plus tard Akbar s'affranchit de la tutelle de son régent et prend en charge son Empire. Bien sûr, comme souvent, le régent ne l'entendit pas de cette oreille et tenta de renverser le jeune roi mais cette tentative resta sans succès. Une fois Bairam Khân définitivement écarté, Akbar prit ses premières décisions.


Le règne d'Akbar

Le règne d'Akbar est caractérisé par d'une part de nouvelles conquêtes, d'autre part par la mise en place d'une organisation poussée de son Empire.

En ce qui concerne les conquêtes, Akbar dû faire face tout d'abord à l'armée du général Hemu, ancien dirigeant de l'armée afghane, qui occupait toujours tout l'Est de l'ancien royaume moghol (Bihar, Bengale). Le Nord de l'Inde était alors divisé en deux, à l'Ouest, les Moghols, à l'Est, les Afghans. La domination de l'un part l'autre devait inévitablement se faire, et ceci arriva en 1556 lors de la seconde bataille de Pânipat. Elle eut lieu exactement le 5 novembre 1556 entre les 10 000 cavaliers moghols et les forces afghanes, et la victoire revint à Akbar. Hemu fut capturé, décapité et son crâne fut exposé à Kaboul pour dissuader les hindous de se rebeller. Il faut savoir qu'Hemu était d'origine hindou.

Akbar revint à Delhi sans trop rencontrer de résistance mais à peine de retour il dû repartir dans le Pendjab pour arrêter Sikandar Shah Suri, qui soulevait d'autres troupes. Il fut rapidement arrêté et exilé au Bengale après que le siège du Fort Mankot fut achevé. La victoire de la 2e bataille de Pânipat fut le vrai point de départ de la reconstruction de l'Empire moghol. A partir de là Akbar mit 8 ans à récupérer l'intégralité des territoires qui avaient été conquis par son grand-père, reformant un Empire allant de Kaboul au Bengale.


Les conquêtes

Akbar poursuivit alors les conquêtes aux frontières de son royaume. En 1567 les provinces Rajputs se rebellèrent, en particulier celle de Mewar. Comme Akbar n'avait pas encore fait toutes les réformes qui en feront un souverain accepté, à défaut d'être aimé, il dût attaquer le Rajastan et assiéger Chittor, la capitale. Une fois la ville prise il fit faire un massacre, histoire de marquer les esprits. Toutefois et malgré ça les dirigeants du Mewar s'échappèrent et purent revenir au pouvoir, une fois Akbar parti. Le Mewar ne fut d'ailleurs jamais repris par l'Empereur.

En 1573 il s'attaque au Goujerat, puis au Bengale en 1576, marquant la fin de la reconquête de l'Est. En 1585 son frère décède, il était roi de Kaboul et en tant que tel son héritage tombe sur Akbar, qui voit son Empire s'agrandir. Il reçoit également le Cachemire, en même temps. Sa victoire sur le Goujerat le pousse à adopter une nouvelle capitale. Il délaisse donc Agra pour Fatehpur-Sikrî, une nouvelle ville près d'Agra qu'il façonne suivant un mélange de styles hindous et musulman. Cette ville sera un peu l'archétype des villes mogholes que l'on peut caractériser par la bi-culturalité. Toutefois elle sera rapidement abandonnée (1586) car elle n'est pas alimentée correctement en eau. Du coup, Akbar va diriger son empire depuis Lahore.

Carte de l'Empire moghol

Carte de l'Empire moghol

En 1590 les troupes moghols s'attaquent au Sindh, qui tombent dans leurs escarcelles. Le Sindh est la partie Sud du Pakistan. En 1592 c'est l'Odisha qui tombe, la région au Sud du Bengale, sur la côte Est. Enfin en 1594 le Balouchîstân et conquis, une région au Nord du Cachemire.

Ainsi à la fin du XVIe siècle l'Empire moghol n'a jamais été aussi large. Il s'étend sur tout le Nord de l'Inde, débordant sur les territoires du Pakistan et de l'Afghanistan. Il va se stabiliser ainsi quelques années, avant que le successeur d'Akbar, Jahângîr, ne lance de nouvelles conquêtes vers le Sud, portant le territoire moghol à son apogée.


L'organisation de l'Empire

Akbar est le premier empereur moghol a pouvoir réellement structurer son empire. Il commence par le découper territorialement en 15 provinces qu'il dote de deux administrateurs : un militaire (le Sudebard, qui deviendra plus tard le Nawâb Nazîm), un civil (Dîwân) qui a pour charge la collecte de l'impôt. Il décide que se faire aider par un conseil des ministres, lui-même dirigé par un vizir, l'équivalent d'un premier ministre.

Il réforme le système judiciaire de l'Empire, dont il conserve la main-mise en s'octroyant, comme ça se faisait, le dernier mot. Il avait ainsi une sorte de droit de véto et pouvait décider unilatéralement du sort des justiciables, mais ce droit n'était rien par rapport aux nombreuses modifications qu'il a mis en oeuvre dans le système judiciaire.

Ouvert sur sa population, Akbar intègre dans l'administration des membres de plusieurs ethnies dont il a la charge. Il se marie lui-même avec une hindou (entre autre), c'est d'elle qu'il aura son fils et successeur, le futur Jahângîr. Grace à cette ouverture il s'attire les faveurs des rajputs, du Rahajastan. D'ailleurs il offre aux provinces une certaine autonomie dans l'administration, essayant toute sa vie de trouver le juste équilibre entre la centralisation du pouvoir (nécessaire pour faire vivre une population aussi disparatre) et la régionalisalisation (nécessaire pour éviter les rébellions)

Dans le domaine fiscal il établit un impôt sur les terres agricoles à hauteur de 33%, ce qui semble considérable. A titre de comparaison le clergé européen, deux siècles auparavant, s'octroyait 10% des revenus des terres agricoles. Akbar abandonne le jizia, qui est un impôt sur les non musulmans, l'impôt dédié aux pélerinages ainsi que l'iqtâ. L'iqtâ, c'est un droit à ne pas payer l'impôt contre le financement de troupes militaires. Du coup les nobles, qui disposaient de troupes, se sont vus taxés malgré l'entretien des troupes. Toutes ces réformes fiscales ont finis par provoquer un soulèvement dans l'Empire, soulèvement qui s'est naturellement arrêté quand l'Empereur est revenu en arrière sur sa réforme.


Un empereur ouvert sur les questions de religion

D'un point de vue religieux Akbar a fait preuve d'une grande ouverture d'esprit. Son but était de fédérer au mieux les différents peuples consituant son Empire. Or, vu qu'ils étaient de religion différentes, il eut l'idée de créer une nouvelle religion contenant le meilleur de chacune. Il invita donc en 1581 des hindous, des musulmans, des jaïnistes, des sikhistes et même des chrétiens à débattre. Il en ressorti le Dîn-i-llâhi, une nouvelle idéologie religieuse qu'Akbar tenta d'imposer à ses sujets sans trop de succès. Sa pratique religieuse était assez simple, très loin de ce que pronera son arrière-petit-fils qui imposera une vision stricte de l'Islam. Lui fait des concessions avec la religion. Il abolit la taxe sur les non musulmans (payés jusque là par les hindous et les sikhs, soit une grande partie de la population de l'Empire), il autorise la construction de temples hindous, et humanise sa population en interdisant des pratiques d'un autre âge, comme le sacrifice des veuves (pratiqué jusqu'ici par les hindous). Il interdit également les mariages consanguins.

Son ouverture d'esprit sur le fait religieux se retrouve aussi dans le choix de ses épouses (les empereurs moghols sont polygames) Il s'est marié à plusieurs reprises, parfois avec des hindous, parfois même avec des chrétiennes. D'ailleurs son épouse principale, celle qui lui donnera son fils héritier, était une princesse rajhoute, Jodha Bai. Elle venait du Rajastan.


La fin du règne

Tombe d'Akbar

Tombe d'Akbar

La principale caractéristique de la fin de règne d'Akbar fut ses problèmes avec son fils, Salim. Successeur désigné de son père, il voulait prendre son indépendance plus rapidement que prévu. Il s'installa à Allahabad et forma une armée qu'il lança contre les provinces limitrophes de son père (en 1591, puis en 1601), se déclarant roi indépendant. Il fit même frapper une monnaie à son effigie, symbole suprême de l'indépendance d'un royaume. Son père parvint à le faire revenir dans son giron, ce qui appaisa les tensions, et ça grace à la veuve de l'ancien régent Bairam Khân.

Akbar est mort le 27 octobre 1605 à Agra. il est enterré dans un mausolée tradition de marbre blanc à Sikandra, au Nord-Ouest d'Agra.

Le règne d'Akbar est donc caractérisé par l'extension de l'Empire, mais surtout son organisation. Son fils Jahângîr en hérite, il va poursuivre l'extension moghole en Inde.




Voir aussi :

. Description du Taj Mahal

. Toutes les biographies





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